Historique (4)

Un grand merci à Jean Mamet, Président de l’association Patrimoine et Traditions à Margencel, auteur de cet historique.

Quand on parle de vigne Chez Gojon, il faut entendre une multitude de propriétaires.
Sur la Mappe Sarde de 1730 (qui est le plus ancien cadastre) il y a, sur ce mas (ou lieu-dit) 9 propriétaires.
Le plus important est bien sur Rieux Jacques feu Pierre, celui qui possède la maison. Sur le cadastre de 1872 c’est toujours un Rieux mais François, petit fils du précédent, qui possède la plus grande vigne (juste au-dessus de sa maison côté Colletaz). Les autres, côté nord, ne sont que de petites parcelles de vignes appartenant à 6 propriétaires.

Il faut savoir que les vignes n’étaient pas sur le coteau (talus) qui lui était en teppes et broussailles (terrains incultes) mais sur le dessus, à plat et dans le sens nord/sud. Pour ce qui est de la partie basse (du sommet du talus jusqu’à la route menant aux 5 Chemins, c’était des champs. Au-delà du talus en allant vers la RN5, (Crêt Gojon) fut exploitée une carrière de gravier à l’endroit de la zone artisanale actuelle.

Pour ce qui est de l’époque de la plantation de ces vignes, c’est impossible à définir.

Par contre, on sait plusieurs choses à ce sujet[1] :

- Les principaux vignobles existaient déjà au début du Moyen-âge (1026 à Massongy – 1274 à Ballaison – 1391 à Marignan). Les différents documents de cette époque montrent que les familles possédaient pratiquement toutes  » quelques ceps « .

La régression du vignoble Chablaisien date du début du XXe siècle et n’a cessé d’augmenter. Les causes sont multiples : maladies cryptogamiques (le mildiou apparait pour la première fois dans la région en 1886. L’érinose[2] (maladie provoquée par un acarien faisant des boursouflures sous et sur la feuille) en 1892. En 1890 c’est le phylloxéra qui est découvert à Sciez. En 1896 à Margencel entrée des premiers plans de vignes américains (qui vont sauver ce qui reste du vignoble Chablaisien)[3].

Ensuite il va y avoir la fermeture des frontières avec la Suisse durant la seconde guerre mondiale (de nombreux commerçants genevois venaient acheter le vin à domicile). Le paysan Chablaisien dû se livrer à des cultures plus vitales ce qui accéléra cette disparition.

Bien évidemment, plusieurs propriétaires de Margencel gardèrent quelques arpents de vigne et ce jusque dans les années 1960/1970.

[1] Jean Claude Périllat + – Les paysages agraires du Bas-Chablais – Mémoires et Documents par l’Académie Chablaisienne Tome LVII.

[2] Wikipédia

[3] Archives municipales de Margencel

(4) Archives privées

Jean en plein tournage