Un peu d’Histoire (1)

Un grand merci à Jean Mamet, Président de l’association Patrimoine et Traditions à Margencel, auteur de cet historique.

Ce lieu appelé aujourd’hui « Chez Gojon » devait à l’origine s’appeler Chezenova ou Chissanova.

La sentence d’un procès prononcé le 12 novembre 1347 et exécuté le 14 du même mois, a entre autre comme témoins un certain Pierre Peylevet de Chissanova. Plus près de nous, un recensement daté du 1er décembre 1568, nommé « Gabelle du sel » vient conforter notre position.

Pour Margencel, ce recensement se fait dans un ordre bien précis. D’abord le chef-lieu, ensuite Jussinge (Zusinges), Jovernay (Jouvernex) puis on descendait à Chessel (Sechex) en remontant il y avait Chezenova (Chez Gojon) et enfin Ronsuaz et Rouachaux (Revachaux). A cette époque, on ne parlait pas encore de Bisselinges.

On note : Cheznova, paroisse de Margencel
Bastien de Jussinge, misérable ne possédant rien.
Mermet Margel, misérable, pauvre.
Jacques Vittet dit Gojon.

C’est ce dernier qui donne son surnom à ce lieu. (Gojon voulant dire en vieux français jeune serviteur !)²

Que sont devenus ces gens ? Ont-ils abandonné les lieux sans avoir fait souche ?

Au vue du recensement du 7 août 17943 appelé « Consigne Espagnole » ni les lieux ni les personnages n’apparaissent. pourtant, à cette époque, c’est un dénombrement précis sur chaque tête de la population qu’est appliqué l’impôt.

On retrouve sur le cadastre de 1872 le lieu-dit « Chez Gojon » prolongé par le « Crêt Gojon » (Emplacement de la ZA actuelle) Au n°471 une maison et une cour sur 630 m² avec un escalier parallèle à la route, appuyé sur un mur qui aboutit vers la porte en arche prolongée par un mur. A cette époque, le propriétaire est François Rieux qui possède 4 hectares 1/2 du domaine. Sur le coteau, il y a 8 500 m² de vignes, le reste est répartit en jardins et terres labourables…le tout bien cloturé.

Je pense qu’il est raisonnable de croire que cette porte d’entrée en arche, ouvrant sur le domaine, peut dater de la fin du XVIIIe début du XIXe siècle.

Il faut savoir que vers la fin du XIXe siècle, cette maison sera victime d’un incendie et sera nommée par les margencellois « La Maison Brûlée ».

Au début des années 1960, elle subira une nouvelle fois l’assaut des flammes alors que ce sont les frères Genoud de Bisselinges qui sont fermiers du domaine.

Ensuite, la commune rachètera les ruines pour reconstruire sur celles-ci un hangar.

On connait maintenant la suite et la fin de cette antique propriété devenue, entre-autre, zone d’activité commerciale, collège Théodore Monod, etc…

(1) Archives privées.
² Les noms de famille en Savoie – Felix Fenouillet – 1919 – page 126

Bon appétit Jean et encore merci !